Fusions Acquisitions

Déchiffrer la comptabilité en partie trouble

L'essentiel du chapitre

L’analyse des principes comptables IFRS doit permettre de comprendre les choix qui ont été réalisés, les changements intervenus au cours des dernières années et leurs causes. La compréhension économique doit primer sur l’analyse comptable car il convient avant tout de comprendre l’ampleur des phénomènes en jeu, leur caractère récurrent ou non et leur impact sur la rentabilité économique de l’entreprise.

L’analyse du périmètre de consolidation est la première étape de la pré-analyse financière puisqu’il s’agit de comprendre ce qui sous-tend les traitements comptables. Un groupe est susceptible d’utiliser deux méthodes de consolidation en vue d’optimiser la présentation de sa performance financière : l’intégration globale et la mise en équivalence. La faculté de nommer les dirigeants ou d’assumer la direction opérationnelle peut suffire à être dans l’obligation de consolider complètement une filiale. Le principal avantage de la mise en équivalence est qu’elle évite de faire remonter les dettes de l’entité dans les comptes consolidés de la maison-mère.

Le traitement comptable d’une acquisition fait souvent apparaître, dans les comptes, un goodwill, un actif incorporel non amortissable, qui est issu de la différence entre le prix payé et la juste valeur des actifs identifiables à la date d’acquisition. L’allocation du prix d’acquisition consiste donc à reconnaître les actifs et passifs acquis et à établir le goodwill, qui sera affecté à des Unités Génératrices de Trésorerie (UGT). Les immobilisations incorporelles non amortissables et le goodwill sont, par la suite, soumis à des tests de dépréciation annuels.

D’autres analyses de méthodes comptables doivent aussi être exécutées. Cellesci portent dans un premier temps sur la reconnaissance du revenu qui consiste à comprendre comment le chiffre d’affaires est comptabilisé, particulièrement dans le cadre des contrats à long terme. Les actifs non courants détenus en vue de la vente doivent aussi mériter l’attention puisque les actifs et passifs relatifs à l’activité cédée sortent des comptes consolidés même si l’activité fait toujours partie du périmètre de l’entreprise. Ensuite, l’analyste doit bien appréhender les impôts différés, afin de quantifier leur impact sur la valeur de l’entreprise, ainsi que toutes les formes d’engagements, particulièrement les engagements hors bilan qui n’apparaissent pas au bilan consolidé. Ces derniers peuvent porter sur le périmètre de consolidation, sur les opérations de crédit-bail ou sur les engagements de couverture utilisant des instruments financiers. Enfin, il faut aussi interpréter l’ensemble de provisions pour risques et charges et la structure des passifs sociaux, qui impactent fortement le résultat d’un exercice.